Les bonus des banques

Publié le par PS Annonay

Les bonus des banques annoncent un rebond de la crise.

Le silence du gouvernement français face aux bonus de la BNP-Paribas, venant après celui d'Obama devant les bonus de Goldman Sachs montrent le renoncement du pouvoir politique à se donner les moyens d'empêcher un nouveau rebond de la crise.

Les bonus des banques annoncent un rebond de la crise 

Circulez, il n'y a rien à voir ! Ainsi, aux Etats-Unis comme en France et en Europe, les citoyens médusés assistent au retour à la bonne fortune de toutes ces grandes banques, que voici quelques mois à peine, ils ont été appelé à refinancer via les prêts et les garanties offerts par les états !
D'où vient le retour de bénéfices dans les établissements bancaires ? Certainement pas d'une reprise qui n'existe pour le moment que dans la tête des plus optimistes des thuriféraires du néolibéralisme. Les profits viennent du redémarrage de l'activité spéculative,
comme le montre bien l'exemple de la BNP.
D'où, évidemment, les annonces ou les provisions pour bonus constatés à New York comme à Paris. Il faut bien récompenser ceux qui sont capables de reconstituer en un temps record les profits des banques ! Certes, le ratio de bonus par salarié est près de dix fois plus élevé chez Goldman Sachs (700 000 $ qu'à la BNP (60 000 €). Mais la logique est exactement la même : payer à prix d'or les petits génies de la finance capables de réaliser de grosses plus-values sur les marchés et d'inventer de nouveaux produits spéculatifs.

La relance par la Ferrari ?

Le retour au bénéfices des banques est totalement déconnecté de l'économie réelle. Les chiffres faramineux des bonus (20 milliards chez Goldman Sachs, un milliard d'€ à la BNP, et combien à la Générale ?) jetés en pâture au public constituent une matière hautement inflammable. D'autant que, à New York comme à Paris, les chefs d'état se taisent, comme s'ils avaient oublié leurs coups de gueule du début de la crise, lorsqu'ils proclamaient, Nicolas Sarkozy comme Barack Obama, leur volonté de contrôler les rémunérations des dirigeants et leur promesse que rien ne serait plus comme avant.
C'est exactement le contraire qui se passe aujourd'hui. Incapables de proposer de vraies solutions de sortie de crise, qui impliqueraient la prise en compte du hors bilan dans les ratios prudentiels (et sans doute des freins sérieux sur les techniques d'achats à terme), et surtout une relance de la croissance ancrée dans l'économie réelle et notamment industrielle, les gouvernements doivent subir à nouveau le joug des acrobates de la relance par la spéculation. Sans savoir ce qu'il y aura au bout de ce processus inquiétant. Si bien qu'aujourd'hui,
Paul Jorion se demande si les bonus des banquiers ne sont pas un moyen pour eux de prendre l'oseille avant l'explosion du système. Même des gens aussi peu gauchistes que Jacques Attali crient au casse-cou.
Dans un communiqué officiel, le staff de BNP Paribas a expliqué que la banque respectait « scrupuleusement » les règles établies par le G20 de Londres, notamment en établissant ses bonus au prorata des gains. C'est justement ce qui nous inquiète : la multiplication des bonus « légaux » montre que le G20 n'a rien fait pour éviter de nouveaux hold up des traders au sein du système bancaire. Et dire que
tous les médias ont salué les progrès de la régulation après la réunion de Londres !

Publié dans Actualité nationale

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