150ème anniversaire de la naissance de Jean Jaurès

Publié le par PS Annonay

Lettre de Martine Aubry à Pierre Mauroy, Président de la Fondation Jean Jaurès, à l¹occasion du 150ème anniversaire de la naissance de Jean Jaurès.

Le 3 septembre 2OO9

Monsieur Pierre MAUROY
Président
Fondation Jean Jaurès
12 Cité Malesherbes
75OO9 PARIS


Monsieur le Premier Ministre,


Alors que nous célébrons aujourd’hui les 150 ans de la naissance de Jean Jaurès, je souhaite saluer sa mémoire en adressant un message à la fondation qui perpétue son œuvre et porte son nom.


La pensée de Jaurès est universelle. La lecture de ses œuvres, de ses discours et des innombrables articles publiés tout au long de sa vie révèle toute l’actualité d’une pensée politique qui a su s’élever au-dessus des contingences de l’histoire. Ses leçons sont aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

Plus que jamais, le Parti socialiste se réclame des grands combats portés par Jaurès. Le combat ouvrier, qu’il n’abandonna plus après l’expérience fondatrice pour lui de la défense des mineurs de Carmaux. Le combat républicain avec la conviction centrale chez lui que le socialisme passe d’abord par la défense et la promotion des valeurs républicaines. Jaurès affirme que « c’est le socialisme seul qui donnera à la Déclaration des droits de l’homme tout son sens et qui réalisera le droit humain » en prolongeant la « République politique » par la « République sociale ». La justice dont il fut un porte-parole passionné, notamment à travers son engagement pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus. La laïcité, qui était pour lui « indivisible » de la démocratie. La paix et l’internationalisme, qu’il considérait comme la continuation du patriotisme.

Le Parti socialiste revendique aussi les grandes intuitions de celui qui fut son fondateur. Lui qui parvint à faire l’unité de toutes les composantes du socialisme français et réalisa leur synthèse. Cette synthèse jaurésienne est aujourd’hui encore vivante. Elle est au fondement de l’identité du Parti socialiste. Un parti non pas monolithique mais qui s’enrichit d’une diversité vivante. Nous ne l’oublions pas à l’heure où nous engageons une rénovation sans précédent de notre parti.


La conviction que le socialisme et la liberté individuelle sont complémentaires était un élément clef de cette synthèse et certainement un de ses principaux apports doctrinaux. « Le socialisme est l’affirmation suprême du droit individuel. Rien n’est au-dessus de l’individu. » L’épanouissement de l’individu et l’action en faveur de toutes les libertés réelles est au cœur de l’engagement socialiste. À condition de comprendre que l’individu a besoin des solidarités collectives pour être vraiment libre. Voilà une leçon que notre siècle ferait bien de retenir. C’est une réflexion qui est au cœur de l’offensive de civilisation que nous voulons conduire pour « réconcilier l’humanité avec elle-même » comme le disait Jaurès.


Jaurès, c’était aussi un homme totalement désintéressé, qui toute sa vie refusa les honneurs ou les récompenses. C’est l’honneur de la politique et un exemple dont nous devons tous nous inspirer. N’est-ce pas lui qui a écrit : « Le courage, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense » ?


Je pense aussi au grand orateur, l’homme du magistère de la parole, qui savait enflammer les foules pour faire reculer les limites du possible.


En ce jour anniversaire, j’invite tous les socialistes à lire Jaurès et à méditer sur son œuvre, pour retrouver cette force capable de déplacer des montagnes, cette énergie à la source de l’engagement socialiste.


Je remercie la Fondation Jean Jaurès pour son action et je rends hommage à ton engagement, cher Pierre, au service de la mémoire de Jaurès. Par le travail intellectuel au service du progrès, la fondation fait vivre ce qui fut au cœur de l’œuvre de Jaurès : la foi dans la raison et la volonté de conjuguer l’idéal et le réel.


Avec mes amitiés socialistes,

Martine Aubry

Publié dans Parti socialiste

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