IUT : inquiétudes sur l’avenir

Publié le par PS Annonay

Mardi 10 novembre, une mobilisation a lieu dans les IUT (Instituts universitaires de technologie). Depuis maintenant des mois, les directeurs des établissements, les étudiants et les enseignants des IUT s’inquiètent pour l’avenir.

Avec l’application de la loi « Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) », les IUT ont perdu une part de l’autonomie dont ils bénéficiaient au sein des universités. Ces dernières peuvent effectuer des arbitrages entre leurs diverses composantes, au détriment des IUT. L’an dernier, Valérie Pécresse avait publié une circulaire pour tenter de mettre fin à la crise qui avait débuté dans les IUT. Mais elle est restée lettre morte.


Dans un contexte budgétaire où il manque au moins 50 millions d’euros pour couvrir les transferts de charge de l’Etat vers les universités dans le cadre de la nouvelle loi, et où l’emploi scientifique stagne et a même baissé l’an dernier, certaines universités risquent d’opérer d’importantes coupes dans les moyens des IUT pour équilibrer leurs budgets en raison de leurs graves difficultés financières. Ils ne pourraient plus remplir correctement leurs missions, et la notion même de diplôme d’IUT, qui repose sur des programmes pédagogiques nationaux, serait remise en cause.


Cette situation est dangereuse. Les IUT offrent une formation de qualité, et doivent pouvoir continuer à le faire. Ils jouent un rôle important en termes d’aménagement du territoire, étant présents dans plus de 200 villes. Ils contribuent à la démocratisation de l’enseignement supérieur. Le Parti socialiste réclame donc une garantie des moyens alloués aux IUT, et le respect de leurs spécificités pédagogiques. Plus généralement, il dénonce l’insuffisance des dotations des universités en crédits de fonctionnements et en emplois. Nous avons montré qu’avec le même budget pour 2010, des réorientations sont possibles, qui développent l’ensemble du système universitaire.


Quant à la concentration des pouvoirs voulue par la LRU, elle est inefficace. La crise dans les IUT illustre la faute politique qu’a été le passage en force de la loi LRU, qui n’a pas été négociée avec les acteurs et qui est fondée sur l’hyper-présidentialisation. Les IUT en font aujourd’hui les frais, avec d’autres. Elle doit être remplacée par une nouvelle loi qui replace la collégialité au cœur du système universitaire, et favorise le rapprochement des filières de l’enseignement supérieur, les universités y jouant un rôle central, prenant en compte la diversité des formations.


Communiqué de Bertrand MONTHUBERT
Secrétaire national à la recherche et à l’enseignement supérieur.

Publié dans Parti socialiste

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