Retraites, jeux en ligne, immigration: le point presse de Benoît Hamon

Publié le par PS Annonay

Au nom du Parti socialiste, je voudrais exprimer une pensée pour le triste anniversaire des deux journalistes de France 3 retenus en otage en Afghanistan, qui jeudi prochain vont aborder leur centième jour de captivité. Souhaitons qu’ils soient libérés et qu’ils puissent retrouver leur famille et leur travail sans tarder.

   

Le dossier des retraites
A partir de cette semaine, Martine AUBRY va recevoir les organisations syndicales ; nous commencerons mercredi 7 avril avec Force Ouvrière, le 21 avec La CGT, le 28 avec la CFDT, puis l’UNSA, la CGC et la CFTC au mois de mai. Nous ferons un tour de piste des grandes questions sociales, à commencer par celui des retraites qui va être remis au goût du jour par le gouvernement. Les discussions bilatérales vont commencer entre M. WOERTH et les organisations syndicales.

Concernant à la fois l’allongement de la durée de cotisation et l’âge du départ à la retraite, une immense majorité des Français autant sur le diagnostic que sur les solutions que nous proposons. Ils sont farouchement opposés à une baisse du niveau des pensions, telle qu’elle est préparée par le gouvernement. En allongeant le taux de cotisation sans modifier le taux d’emploi, cela se traduira inéluctablement par une baisse des pensions.
La réforme Balladur de 1994 s’était traduite par une baisse des pensions d’environ 9 % et celle de 2003 de François FILLON a allongé la durée de cotisation. Là où ces deux réformes ont échoué, on nous explique qu’il faut aller plus loin dans la durée de cotisation ou dans le recul de la date du départ à la retraite. La stratégie du gouvernement est de faire oublier sa responsabilité dans la dégradation des comptes publics pour ne parler que du déficit des caisses de retraites.

Le COR* estime qu’il faudrait 2 à 5 points de PIB pour mettre les caisses à l’équilibre budgétaire en 2050. Aujourd’hui le déficit de l’État est à 8 % du PIB, et il atteindra 9 % d’ici la fin de l’année. La priorité est donc moins de s’attaquer aux caisses de retraites que de s’inquiéter du fait que notre pays soit durablement endetté.

Le Bureau national du Parti socialiste
Nous posons ce soir la première étape très concrète du débat de notre Convention nationale pour un nouveau modèle de développement. Pierre MOSCOVICI qui est en charge de ce dossier nous fera un rapport d’étape. D’ores et déjà les rapports des ateliers sont en ligne sur le site dédié à cette Convention. Ils sont discutés sur la Coopol et font l’objet d’ardents débats avec nos militants. Il faut maintenant penser la sortie de crise sur le plan économique et social et la façon dont nous allons mieux répartir la richesse. Elle se conclura le 29 mai par l’adoption de l’orientation du Parti dans ce domaine-là. Nous sommes dans la phase dure, c’est maintenant la dernière ligne droite qui commence sur des sujets aussi variés que l’avenir du service public, la propriété publique du capital, du financement de l’économie, la mise en place d’un pôle financier public, la façon dont on conçoit la répartition des richesses, les politiques salariales, la réforme fiscale, tous ces sujets seront débattus lors de notre convention, l’objectif étant de bâtir le premier socle de ce qui sera notre projet pour 2012.

Projet de loi sur les jeux
Nous nous opposons à la libéralisation totale des paris en ligne. Les directives européennes n’obligent pas à remettre en question ce monopole. Le Portugal l’a conservé. Il est important car il peut y avoir des conflits d’intérêt entre ceux qui organisent les paris et ceux qui sont propriétaires des médias et des clubs sportifs. Des phénomènes d’addiction peuvent se développer à travers les jeux et créer des problèmes de santé publique. Il est logique de renforcer les missions de service public. Certains amis du président de la République en profitent. Nicolas SARKOZY reste fidèle au bouclier fiscal et à ses amis.
 
Projet Ceseda sur la politique d’immigration
Je voudrais manifester mon inquiétude sur la réforme Ceseda. Elle affaiblit le rôle du juge des libertés et de la détention qui ne sera saisi que 5 jours après la détention au lieu de 48 heures actuellement. Elle crée des zones d’attentes ad hoc qui légitiment la privation de libertés des personnes comme c’est le cas aujourd’hui. La prolongation de la durée de détention passe à 45 jours  contre 32 jours en application de la directive retour. Cela marque la volonté du gouvernement de faire du sujet de l’immigration un sujet sur lequel il durcit le ton et réduit les libertés publiques. A ses yeux, l’immigré reste le bouc émissaire idéal pour masquer ses propres échecs. C’est un fort sujet de préoccupation car cela marque le recul des libertés publiques pour ces hommes et ces femmes extrêmement pauvres qui arrivent en France, le pays des droits de l’Homme, dans des conditions désastreuses et se voient privés de tous leurs droits.

La menace sur le département de Seine-Saint-Denis
Enfin, arrêtons-nous sur la remarque de M. Marleix qui souhaite mettre sous tutelle le Conseil général de Seine-Saint-Denis si jamais le Conseil confirme sa volonté de voter un budget en déséquilibre. Que ceux qui à la tête du gouvernement ont creusé les déficits publics à hauteur de 150 milliards d’euros, veuillent mettre le Conseil général sous tutelle pour un déficit de 75 millions d’euros en grande partie lié à des dépenses incompressibles de RSA et de RMI mis en œuvre par les départements, en raison de la crise, est savoureux. Ces dépenses-là ne sont pas compensées. La dette de l’Etat envers ce département s’élève à 640 millions d’euros. Cela conduit Claude BARTLONE à voter un budget en déséquilibre. Cette situation rend le gouvernement totalement illégitime à donner des leçons. Cela vaut pour tous les départements qui se retrouvent en déficit budgétaire parce que l’État n’honore pas ses dettes et notamment sa dette sociale. Il faudrait peut-être mettre les ministres qui racontent n’importe quoi sous tutelle.

 

 

 

Publié dans Parti socialiste

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