RSA
L’exclusion et la pauvreté s’accroissent dans notre pays. La récession amplifie brutalement cette tendance, laissant des centaines de milliers d’hommes et de femmes sur le bord du chemin.
La réalité est sombre. Notre pays compte 3,5 millions de chômeurs. 1 salarié sur 7 est rémunéré aux environs du SMIC ; 1 salarié sur 3 gagne moins que le SMIC ; 50 % des salariés perçoivent moins de 1500 euros. 7,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. 15 % de la population renonce à se soigner quand près de 40 % hésite ou tarde à le faire, pour des raisons financières. Près de 4 millions de personnes sont mal logées et le surendettement bat tous les records.
Le gouvernement n’a manifestement pas pris la mesure des enjeux.
La généralisation du RSA au 1er juin ne peut constituer la seule solution. Les socialistes sont bien placés pour le savoir : ce sont souvent des collectivités socialistes qui ont été au premier rang de l’expérimentation.
Le financement prévu par l’État est sans rapport avec les exigences du terrain. Cette insuffisance résulte d’un choix politique. En refusant de remettre en question le bouclier fiscal, le gouvernement a renoncé à dégager les marges de manoeuvre disponibles et nécessaires. La logique de « défausse » de l’État sur les collectivités territoriales va s’amplifier au risque de provoquer l’explosion de leurs budgets d’action sociale, ou l’affaiblissement des politiques d’accompagnement.
Les jeunes de moins de 26 ans restent exclus du dispositif, alors que le chômage des jeunes progresse de 36 % par an, et qu’aucun filet de sécurité n’existe vraiment pour eux. L’arrivée de plus de 250 000 jeunes sur un marché du travail en repli, à l’été prochain, va nourrir une situation explosive.
Le RSA, en subventionnant les bas salaires, constitue une incitation pour les entreprises à maintenir leurs salariés dans la précarité. Le gouvernement a refusé de traiter sérieusement ce risque bien réel.
Enfin, faute d’une véritable préparation, les dysfonctionnements risquent de se multiplier, à l’instar de ce qui s’est produit avec le pôle emploi.
Dans ces conditions, on peut malheureusement considérer que l’engagement de Nicolas Sarkozy de réduire d’un tiers la pauvreté dans notre pays peut être placé au rang des promesses non tenues.
Face à la montée de la pauvreté, le RSA risque de constituer une ligne Maginot en carton-pâte. Les socialistes appellent à une politique globale et pluriannuelle de lutte contre l’exclusion et à la mise en chantier d’une nouvelle grande loi contre l’exclusion dotée, à l’instar de la grande loi votée en 1998, des moyens appropriés, discutée et négociée avec les acteurs de terrains, les organisations syndicales et patronales, les grandes associations concernées et abordant les questions de l’emploi, de l’insertion des jeunes, du logement, de l’éducation et de la santé.
Communiqué de Gaëtan GORCE
Secrétaire national du PS en charge de l’exclusion
Le Parti Populaire Européen (PPE) a déjà présenté son candidat officiel pour la présidence de la Commission européenne. C'est avec espoir que les socialistes et les sociaux-démocrates et beaucoup d'autres progressistes attendent un candidat provenant du Parti Socialiste Européen, le seul parti européen qui peut disputer le leadership au PPE. Dans la situation économique et politique présente, une nouvelle majorité peut naître au Parlement Européen, créant une vraie chance pour un candidat du Parti Socialiste Européen.