Intervention de Henri Emmanuelli, député PS des Landes
M. Henri Emmanuelli.
...Je devrais pourtant vous remercier, monsieur le ministre : je viens d’apprendre que, cette année, le fisc me doit 217 euros au titre de l’impôt sur le revenu.
M. le ministre délégué au budget et à la réforme de l’État. C’est bien ! Vous allez pouvoir consommer et participer à la croissance !
M. Henri Emmanuelli. C’est formidable ! Sur un impôt de départ de 11 000 euros, après déduction de 6 000 euros pour la femme de ménage déclarée et bien payée, des cotisations au groupe parlementaire et au parti, du paiement de l’atelier protégé départemental, à l’arrivée, c’est l’État qui me doit 217 euros. Et l’année prochaine, je vais payer 14 euros par mois au titre de l’impôt sur le revenu.
M. le ministre délégué au budget et à la réforme de l’État. Nous ne voulons pas savoir, cela relève du secret fiscal !
M. Henri Emmanuelli. Pour ce qui me concerne, j’ai le droit de le rompre. Pendant ce temps, mon chauffeur et mes collaborateurs auront, eux, beaucoup plus d’impôt sur le revenu à payer. Voilà le résultat des niches fiscales ! Ne parlez pas de justice quand vous baissez les impôts sans y toucher ! Et encore, ne suis-je pas concerné par le bouclier fiscal. Ma situation serait sans doute meilleure, mais je n’ai pas choisi de faire de la politique pour l’argent. Sinon, je serais resté là où j’étais.
M. le ministre délégué au budget et à la réforme de l’État. C’est-à-dire ?
M. Henri Emmanuelli. À la compagnie financière Edmond de Rothschild, où je gagnais à trente-deux ans un peu plus qu’aujourd’hui.
M. Charles de Courson. Quelle régression sociale !
M. Henri Emmanuelli. Ce n’est ni un secret ni une honte.
Là où M. Carrez voit une disposition de justice, nous voyons une mesure scandaleuse et nous le ferons savoir aux Français. Elle témoigne d’un état d’esprit dont on peut dire tout, sauf qu’il est enclin à la justice fiscale.
Source: http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2006-2007/20070017.asp
Encore une bonne illustration de la politique de la droite: "Prendre aux pauvres pour donner aux riches".