Extrait du point presse de Julien Dray du 30 octobre 2006
Violences dans les quartiers
" Nous avons déjà évoqué ici la montée de la violence et de la délinquance dans les quartiers depuis plusieurs années. J’ai évoqué régulièrement des faits et des incidents qui ne faisaient pas toujours l’actualité. A plusieurs reprises, j’ai évoqué les dangers de la montée continue de la violence. Malheureusement, un seuil a été franchi ce week-end. Ce seuil renvoie à des comportements délinquants qui doivent être sévèrement sanctionnés.
Ce qui se révèle ces dernières semaines c’est une délinquance qui s’est étendue, qui change de nature. Ce n’est plus une délinquance spontanée, mais nous sommes face à des actes organisés, méticuleusement préparés, des guet-apens qui s’en prennent aux forces de l’ordre comme aux services publics et dont le message est clair : montrer que ces noyaux délinquants sont maîtres de leur territoire.
Cette situation est le fruit de responsabilités politiques. Il ne s’agit pas d’ouvrir des polémiques pour désigner tel ou tel responsable, mais personne ne peut considérer qu’il s’agit de simples faits divers ou de phénomènes de société. Il y a l’action des responsables politiques quant à leur capacité de juguler et de combattre cette montée de la violence. C’était même un des actes majeurs que devait faire ce gouvernement depuis 2002. Il ne peut donc éviter ses responsabilités.
Il s’agit de la politique sociale, de la politique de l’emploi, de la rénovation des banlieues, mais aussi la responsabilité particulière du rétablissement de l’ordre républicain dans les quartiers et donc la responsabilité du Ministre de l’intérieur. Il a trop revendiqué cette responsabilité pour, lorsqu’il est confronté à un bilan, essayer de l’escamoter.
Ce matin, il a implicitement reconnu ne plus être totalement Ministre de l’intérieur, mais avoir la tête ailleurs.
Il nous doit la vérité et la transparence. La direction générale de la police nationale ne donne plus le nombre de voitures brûlées, pour dit-on, ne pas faire de publicité. Nous ne connaissons donc plus la réalité de la situation nationale.
Notre exigence c’est la vérité pour que les citoyens puissent prendre conscience de la gravité de la situation et puissent mesurer de ce qui a été fait ou pas fait. Ceux qui vivent cette crise ce sont d’abord les plus pauvres et la victime de Marseille l’illustre bien.
Notre pensée va d’abord à ces victimes, à la famille. Mais nous voulons la transparence, nous voulons que ce Ministre à temps partiel prenne le temps pour répondre de la politique qu’il a menée tout au long de ces quatre années.
Nous avons dit que l’Etat de droit avait reculé, que les choses ont empiré dans les quartiers. Les associations, les élus, les forces de police l’ont constaté tout au long de l’année écoulée. C’est pour cela que notre demande de vérité et de transparence est fondée. Comme pour Clichy l’an dernier, la justice est en train de démontrer que les choses ne s’étaient pas passées comme on l’a dit. Une des raisons de la situation d’aujourd’hui, c’est aussi le manque de vérité. "