La Commission des sondages appelle à la prudence face à la multiplication des enquêtes
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PARIS (AP) - La Commission des sondages a relevé mardi "la nette augmentation" du nombre de sondages publiés au cours de la campagne électorale et à de nouveau appelé à la prudence quant à leur interprétation.
Selon Matthias Guyomar, le secrétaire général de la Commission, 193 sondages avaient été publiés au cours de la dernière campagne présidentielle de 2002 et "nous sommes déjà à 250" cette année, un mois avant le premier tour.
"Il y a une augmentation très nette des sondages publiés qui se couple avec une place prépondérante des sondages dans le débat", a-t-il remarqué lors d'une conférence de presse. "Ca renforce d'autant plus le besoin, aux yeux de la Commission, d'émettre des appels à la prudence".
"Les sondages ne sont qu'un instrument d'analyse de la vie politique et non pas un outil de prévision des résultats électoraux", a insisté le président de la Commission Jean-Michel Galabert, lors d'une conférence de presse.
Il a en particulier souligné "la marge d'incertitude" qui affecte les études sur les intentions de vote. Il a rappelé qu'un écart "de quelques points" entre deux candidats ou des intentions de vote très basses "ne sont pas véritablement significatif". Il a également insisté sur la "proportion élevée" des sondés qui n'ont pas décidé pour qui ils voteront ou qui ne sont pas encore sûrs de leur choix.
La commission considère que les pourcentages publiés par les instituts sont en général affectés par une marge d'erreur de plus ou moins deux points de pourcentage. Certains instituts parlent de trois points.
M. Galabert a également attiré l'attention sur les simulations de deuxième tour, estimant qu'il serait "dans l'idéal préférable" d'attendre les résultats du premier tour du scrutin pour en réaliser. A défaut, il conseille de sonder les électeurs sur plusieurs hypothèses portant sur tous les candidats qui seraient éventuellement susceptibles d'accéder aux deux premières places.
En l'état actuel des choses, il a estimé que des duels entre l'UMP Nicolas Sarkozy, la socialiste Ségolène Royal et l'UDF François Bayrou devraient faire l'objet de questions. Pour Jean-Marie Le Pen, "le problème peut se poser" parce qu'il était présent au second tour en 2002, a-t-il ajouté. AP
Note: depuis plusieurs mois, l'Associated Press ne publie plus que des sondages dans lesquels au moins 950 électeurs s'expriment sur leur intention de vote et mentionne systématiquement la marge d'erreur généralement admise de plus ou moins trois points de pourcentage pour un millier de sondés. Les "souhaits de victoire" et les "pronostics de vote" ne sont pas pris en compte. Nos dépêches mettent également l'accent d'abord sur le premier tour.