Sarkozy et Fillon en baisse dans les sondages

Publié le par PS Annonay

Jean-Luc Parodi analyse le baromère Ifop pour le JDD. L'état de grâce de Nicolas Sarkozy commence à s'effriter.

A
président tous azimuts, critiques tous azimuts. Le nouveau baromètre Ifop-JDD enregistre une forte baisse de la popularité de Nicolas Sarkozy (-8 de satisfaits, +7 de mécontents). Le Premier ministre enregistre une chute quasi analogue (-7 de satisfaits, +6 de mécontents).

Avec 61% de satisfaits et 36% de mécontents, le président de la République est naturellement toujours majoritaire dans toutes les catégories non politiques. Sa baisse est particulièrement forte chez les salariés du public (-13), les professions libérales et cadres supérieurs (-11), et chez les trentenaires et quadragénaires ; il résiste bien, à l'inverse, chez les plus jeunes.

Politiquement, la baisse est sensible chez les sympathisants du PS (-10) et du MoDem (-9), mais le Président tient toujours exceptionnellement bien à l'UMP (96% de satisfaits, -2). La partie de l'enquête effectuée après l'intervention télévisée n'enregistre pas de redressement significatif.

L'analyse des réponses des nouveaux mécontents à la question ouverte sur les raisons de leur insatisfaction fait apparaître un cumul d'inquiétudes dont la plus dangereuse touche à l'image même du Président, devenu au sens propre "insaisissable". On évoque ainsi sa "gesticulation continuelle", son "trop de show-biz": "Il est partout et nulle part à la fois" ; dès lors, il devient "un peu agaçant" ; on se plaint de ne pas voir les ministres ; on les plaint d'être tenus en laisse -"il essaie de prendre les pleins pouvoirs au regard de la Constitution"-, et le mot "dictateur" fait spontanément son apparition: "On arrive à un système un peu totalitaire".

A cette inquiétude généralisée sur son exercice de la fonction présidentielle s'ajoute une série d'autres inquiétudes, liées à la conjoncture, aux politiques annoncées et aux réformes impatiemment attendues. Conjoncture, comme l'arrivée des feuilles d'impôt souvent citée comme décevante par rapport aux attentes. Politiques annoncées qui angoissent depuis les expulsions (souvent mal acceptées quand elles sont présentées comme des quotas à remplir par les préfets) ou le recours au test ADN, jusqu'au sentiment d'un changement dans la politique étrangère, en passant naturellement par l'incertitude sur la réforme des retraites. Impatience enfin sur le "gagner plus", dont on se demande comment il se décline. Ces fêlures cumulées laissent, certes, le Président à plus de 60%, mais elles sont sans doute annonciatrices d'une faille plus grave si Nicolas Sarkozy n'en prend pas la mesure, en particulier dans sa pratique institutionnelle.

Avec 56% de satisfaits et 36% de mécontents, François Fillon reste, lui aussi, majoritaire dans tous les groupes non politiques. Il compte nettement moins de satisfaits que son Président chez les employés (10 points de moins), les jeunes (8 points) et les sympathisants UMP (8 aussi). C'est donc un exécutif quantitativement toujours nettement majoritaire mais qualitativement un peu fragilisé, qui s'apprête à affronter les turbulences de l'automne.

 

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Mimile 23/09/2007 18:29

Bonjouret oui c'est le début de la déconvenue... j'ai également fait un billet à ce sujet aujourd'hui+ 5 pour toi, bonne continuation !